États-Unis: le Parti de l'égalité socialiste conteste les lois antidémocratiques sur l'accès au scrutin dans le Michigan

Par Joseph Kishore et Norissa Santa Cruz – candidats du SEP à la présidence et à la vice-présidence
22 juin 2020

Jeudi, la campagne pour l’élection présidentielle du SEP a déposé une plainte dans le Michigan pour contester les exigences de l’État en matière d’accès au scrutin pour les candidats indépendants. L’action en justice, «Kishore contre Whitmer» (Gretchen Whitmer, gouverneure du Michigan) conteste les conditions d’accès au scrutin «au motif que ces conditions sont littéralement impossibles… à remplir pendant la pandémie mondiale de coronavirus».

«Au cours des trois derniers mois», déclare l’action en justice, «toute personne essayant de collecter de telles signatures dans le Michigan aurait risqué de s’infecter et de mourir du coronavirus, qui continue de se propager dans la communauté ; et aurait encore risqué d’éventuelles poursuites pénales». Non seulement ceux qui font campagne seraient en danger, mais le processus de collecte de signatures menacerait la santé de la communauté en général ».

En conséquence, la tentative de faire respecter ces exigences est une violation des droits constitutionnels des candidats du SEP, de même que les droits constitutionnels des travailleurs et des jeunes du Michigan de voter pour le candidat de leur choix.

Aucune classe dirigeante n’est plus effrayée par l’expression d’une opposition politique échappant au contrôle des partis capitalistes établis que la classe dirigeante américaine. Selon l’État, les candidats doivent recueillir des dizaines de milliers, voire plus de cent mille signatures pour que leur nom apparaisse sur les bulletins de vote.

Dans le Michigan, 30.000 signatures sont nécessaires pour figurer sur les bulletins de vote. En raison des inévitables contestations de la validité des signatures individuelles, le nombre réel de signatures à recueillir est le double de ce chiffre.

Les lois sur l’accès au vote font partie d’un système électoral plus large, dominé par des sommes d’argent considérables et manipulé par les médias bourgeois. Il a été conçu pour exclure toute contestation des deux grands partis capitalistes, les Démocrates et les Républicains.

Dans les élections présidentielles de 2020, la campagne du SEP est la seule à proposer un programme socialiste qui répond aux questions de vie et de mort auxquelles est confrontée la classe ouvrière, la grande majorité de la population.

La campagne entre Trump et Biden est une campagne entre deux représentants réactionnaires de la classe dirigeante. Il y a d’une part Trump, la personnification du pouvoir oligarchique en Amérique, vouée à la destruction des droits démocratiques. Terrifié par le développement de l’opposition dans la classe ouvrière, le gouvernement Trump poursuit son complot pour démanteler ce qui reste de démocratie bourgeoise et tenter de mettre en place une dictature militaire, soutenue par des éléments d’extrême droite et fascistes, y compris dans la police.

Les divergences entre lui et les Démocrates ne portent pas sur la politique sociale intérieure ni sur les impératifs stratégiques fondamentaux de la classe dirigeante. Les Démocrates ont cherché depuis le début du gouvernement Trump à manipuler le mécontentement social de masse pour le mettre au service de l’exigence des militaires et du renseignement d’une politique étrangère plus agressive envers la Russie.

Quant à Bernie Sanders, dont la campagne s’adressait à la colère face aux inégalités sociales, il a abandonné sa «révolution politique» pour soutenir Biden, et a largement disparu de la scène politique.

Les élections de 2020 se déroulent dans des conditions politiques extraordinaires dominées par la pandémie montante du coronavirus. Après s’être octroyé elle-même des milliers de milliards de dollars – autorisés par la loi dite CARES votée à l’unanimité fin mars par les Démocrates et les Républicains – la classe dirigeante a lancé une campagne de «retour au travail» dont le gouvernement Trump a pris la tête et qui fut mise en œuvre par les gouverneurs des États des deux partis. Les restrictions à l’activité économique et sociale ont été systématiquement démantelées dans tout le pays.

Les conséquences en sont désormais évidentes. Le nombre de nouveaux cas de coronavirus est en forte augmentation dans tout le pays. La maladie se propage rapidement dans les usines et les lieux de travail qui ont été rouverts, notamment dans les usines automobiles du Michigan qui ont repris la production sous Whitmer.

Près de mille personnes meurent chaque jour du virus aux États-Unis et le bilan officiel dépasse aujourd’hui les 120.000 morts. Des estimations prudentes prévoient que le nombre de décès dépassera les 200.000 d’ici octobre, mais le chiffre réel sera bien plus élevé.

L’impact physique de la pandémie de coronavirus se combine à une catastrophe sociale massive touchant des millions de travailleurs. Le taux de chômage aux États-Unis dépasse tout ce qui a été vu depuis la Grande Dépression des années 1930. Cette semaine, plus de 1,5 million de personnes supplémentaires ont demandé des allocations chômage, la treizième semaine consécutive où le nombre de demandes dépasse le million. Le record précédent pour une semaine était de 695.000. Plus de 40 millions de personnes se sont inscrites au chômage depuis le début de la pandémie.

La classe dirigeante a clairement indiqué qu’il n’y aurait ni retour aux restrictions économiques et mesures de distanciation sociale visant à sauver des vies, ni aide pour faire face à la crise sociale. Au contraire, on se servira de la crise pour restructurer massivement les relations de classe, accroître l’exploitation, effectuer les expulsions et imposer des mesures d’austérité, notamment par des coupes sombres dans l’éducation et les autres services sociaux.

La pandémie a déclenché une nouvelle étape de la lutte des classes. L’accumulation de colère sociale aux États-Unis et dans le monde a éclaté lors des manifestations de masse à propos du meurtre de George Floyd par la police. Mais le mouvement de protestation contre les violences policières, politiquement dominé par des sections de la classe moyenne supérieure, n’est qu’une première expression des convulsions sociales à venir.

Les travailleurs et les jeunes vont à gauche, aux États-Unis et dans le monde. Le socialisme et l’hostilité au capitalisme suscitent un intérêt et un soutien grandissants. Les efforts de la classe dirigeante pour faire appliquer sa politique se heurteront à une opposition de masse et à des luttes révolutionnaires.

Ce mouvement objectif de la classe ouvrière doit être armé d’un programme et d’une direction socialistes.

Nous entendons utiliser la campagne électorale pour éveiller la conscience politique de la classe ouvrière, pour mobiliser le soutien aux États-Unis et dans le monde au développement d’un mouvement socialiste révolutionnaire qui luttera pour le pouvoir politique. La dévastation causée par la pandémie et la réaction à celle-ci des oligarques financiers soulignent l’urgence de cette tâche politique. Des centaines de milliers de vies sont en jeu.

L’action en justice menée dans le Michigan est une initiative cruciale de cette campagne. Nous appelons tous les travailleurs à la soutenir et à exiger que le SEP figure sur les bulletins de vote. Le SEP prend également des mesures pour être inscrit sur les bulletins de vote dans d’autres États. Dans l’Illinois, les tribunaux ont déjà décidé que les candidats pouvaient recueillir des signatures par voie électronique, et les partisans du SEP font circuler une pétition en ligne. D’autres actions seront annoncées dans les jours et semaines à venir.

Nous appelons tous les travailleurs, les jeunes et ceux dévoués à la lutte pour le socialisme à soutenir la campagne électorale du SEP. Inscrivez-vous dès aujourd’hui sur socialism2020.org! Si vous êtes citoyen américain ou résident permanent, faites un don à la campagne pour aider à financer la bataille juridique menée dans le Michigan. Si vous ne vivez pas aux États-Unis, rejoignez le Comité international de la Quatrième Internationale ou créez une section dans votre pays.

(Article paru d’abord en anglais 20 juin 2020)