Alliance de Google avec l’armée : la classe dirigeante répond aux troubles sociaux en Amérique !

Par Andre Damon
12 mars 2018

La semaine dernière, Google a confirmé qu’il avait fourni un logiciel d’intelligence artificielle pour aider l’armée et les services secrets américains à analyser les données dans le cadre de son programme de guerre et d’assassinat par drone au Moyen-Orient et au-delà.

Le site web Gizmodo, qui a d’abord révélé l’histoire, a rapporté que le programme militaire qui utilisant Google, s’appelle Projet Maven. Un rapport militaire annonçant le projet l’année dernière a déclaré qu’il « met l’accent sur la vision par ordinateur – un aspect de l’apprentissage automatique et de l’apprentissage en profondeur – qui extrait de manière autonome des objets d’intérêt d’images fixes ou mobiles ».

Drew Cukor, du Corps des Marines, identifié comme le « chef d’équipe de guerre algorithmique intersectionnelle combinant le renseignement, la surveillance, la reconnaissance, la direction des opérations et le support de guerre » a déclaré que les États-Unis étaient dans une course aux armements a noté que « Éric Schmidt [président exécutif de la société mère de Google, Alphabet] caractérise Google comme une société d’IA ».

Les révélations impliquent directement Google dans les activités criminelles du gouvernement américain dans le monde entier. Ils exposent également davantage la relation intime entre le géant d’Internet et les entreprises de télécommunications et l’appareil répressif de l’État.

Une porte tournante a été établie entre le personnel des monopoles technologiques et les agences militaires et de renseignement. Lors d’une conférence de presse en janvier, Facebook a annoncé qu’il double son armée de censeurs, qui doit atteindre 20 000 à la fin de cette année, dont le port parole s’est vanté de privilégier à l’embauche « d’anciens des services de renseignement et des agents de l’ordre » qui avaient travaillé auparavant « dans le domaine de l’antiterrorisme ».

Schmidt lui-même est devenu un conseiller du Pentagone et le président de son Conseil consultatif à l’innovation en matière de défense. Un partenariat conjoint privé/militaire appelé « Unité d’innovation pour la défense » (DIUx) a été mis en place à quelques minutes du siège principal de Google.

Ces développements ont les implications les plus profondes et les plus sinistres pour les droits démocratiques aux États-Unis. La guerre impérialiste et la répression intérieure sont les deux facettes de la même politique de la classe dirigeante.

Au cours des deux dernières années, Google, Facebook, Twitter et d’autres entreprises technologiques, en étroite coordination avec le gouvernement, ont rapidement réagi en censurant le contenu en ligne, en manipulant les résultats de recherche et les flux de nouvelles. Menées dans le cadre de la campagne de la CIA et du Parti démocrate contre les « fausses nouvelles » et les « ingérences russes », ces mesures visent à faire taire, réprimer et criminaliser l’opposition nationale.

La censure par Google sur ses algorithmes de recherche, dévoilée en avril dernier, a été suivie par des changements dans le fil d’actualité de Facebook pour promouvoir des organes de presse « fiables » – comme le New York Times – contre les médias indépendants qui avancent « des points de vue différents ». Des mesures encore plus agressives sont en projet ou déjà mises en œuvre.

Le World Socialist Web Site a été la cible principale d’une campagne qui a touché un large éventail de sites web de gauche, anti-guerres et progressistes.

L’élite financière et patronale est terrifiée par la croissance de la lutte ouvrière, qui constitue la plus grande menace pour sa volonté de contrôler le monde et ses préparatifs pour un conflit mondial avec de grandes puissances, y compris la Russie et la Chine.

Cette menace mortelle est évidente dans la vague d’agitation sociale aux États-Unis, qui commence à se libérer des institutions de l’État capitaliste, y compris les syndicats. La grève des enseignants de Virginie-Occidentale, qui a pris la forme d’une rébellion naissante contre les syndicats, a été suivie par des demandes de grève des enseignants et d’autres sections de la classe ouvrière à travers le pays.

Les médias sociaux jouent un rôle essentiel en permettant aux travailleurs de communiquer entre eux aux États-Unis et au-delà de leurs frontières. Les médias d’entreprise en prennent note. Le New York Times a commenté avec inquiétude plus tôt cette semaine que « les enseignants de Virginie-Occidentale ont trouvé des moyens de s’organiser et d’agir en dehors des paramètres habituels du syndicalisme traditionnel. Les enseignants et les travailleurs des services de l’État ont diffusé leurs frustrations dans un énorme groupe Facebook ».

Le Los Angeles Times a mis en garde contre « l’influence des médias sociaux sur les troubles sociaux », soulignant le fait que les enseignants de tout le pays, de la Virginie occidentale à l’Oklahoma, utilisaient Facebook pour coordonner leurs luttes.

Ce que l’élite dirigeante craint avant tout, c’est l’émergence d’un mouvement socialiste révolutionnaire qui défiera le système bipartite et l’oligarchie financière qu’il représente. Il est très conscient du rôle du WSWS, qui voit une croissance rapide de son lectorat avec l’escalade de la lutte des classes. La classe dirigeante a déjà eu en 2015 l’expérience de la rébellion des travailleurs de l’automobile contre l’UAW, avec des dizaines de milliers de travailleurs lisant et partageant des articles du WSWS sur les médias sociaux.

Debout sur une poudrière sociale, la classe dirigeante cherche désespérément à prendre le contrôle de l’information. Quels que soient les outils développés par l’armée pour être utilisés à l’étranger, ils seront étendus à « l’armée totale » de la police et des agences de renseignement dans son pays. Et les élites dirigeantes capitalistes à travers le monde prennent des mesures similaires.

L’alarme doit être déclenchée ! L’opposition à la censure doit être liée à la lutte contre la guerre impérialiste et à la mobilisation de la classe ouvrière – aux États-Unis et à l’étranger – contre l’inégalité et l’exploitation. La lutte contre l’assaut sur la liberté d’expression et l’internet libre est en même temps un combat pour renverser le système capitaliste, abolir les agences de renseignement militaire et transformer les géants des télécommunications et autres grandes entreprises en services publics contrôlés démocratiquement.

Pour exposer la tendance croissante à la censure et organiser la résistance, le World Socialist Web Site, la Jeunesse internationale et les étudiants pour l’égalité sociale et le Parti de l’égalité socialiste organisent une série de réunions à travers les États-Unis. Nous invitons tous nos lecteurs à assister à ces réunions, à les diffuser le plus largement possible et à contacter le WSWS pour participer à la lutte contre la guerre, l’inégalité et la censure sur Internet.

(Article paru d’abord en anglais le 10 mars 2018)