Une réponse politique au chômage des jeunes en Europe

Par Christoph Vandreier et candidat du Partei für Soziale Gleichheit (PSG) aux élections législatives en Allemagne
25 juin 2013

L’état réel de toute société trouve son expression la plus nette dans la perspective qu’elle propose à sa jeunesse. La hausse continue du chômage des jeunes en Europe démontre une fois de plus la banqueroute du système capitaliste

Un jeune sur quatre est sans emploi dans l’Union européenne (UE). Dans certains pays, comme la Grèce et l’Espagne, le taux de chômage est même supérieur à 50 pour cent. Ces chiffres contrastent avec l’enrichissement grotesque d’une mince couche au sommet de la société. Le un pour cent le plus riche de la population allemande possède aujourd'hui plus d’un tiers de tous les actifs financiers nets, soit plus que les 90 pour cent les plus pauvres.

En dépit des grands progrès technologiques réalisés, le système capitaliste n’a rien d’autre à proposer aux jeunes que le chômage, la pauvreté et la guerre. Les jeunes qui ont encore un emploi sont pour la plupart payés des sommes dérisoires. Des centaines de milliers sont forcés d'accepter des stages et des contrats intérimaires, en travaillant pour des salaires de misère. Les établissements scolaires, les universités et les centres de formation vont être privatisés, fermés ou détruits du fait des mesures d’austérité. Les chiffres les plus récents montrent qu’en Grèce le travail des enfants est, encore une fois, devenu un phénomène de masse.

Ces conditions inhumaines révèlent l’incompatibilité qui existe entre les besoins fondamentaux de la population et les intérêts de profit des ultra-riches qui dominent tous les aspects de la vie sociale. Suite à la crise financière, tous les acquis de la classe ouvrière – en termes de salaire, de soins de santé et de dispositions relatives à l’éducation – sont sacrifiés pour préserver les bénéfices des banques et des grosses entreprises.

Aujourd'hui, il n’y a personne au sein de l’establishment politique pour mettre en avant une solution sérieuse au chômage des jeunes. Au contraire, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble (Union chrétienne-démocrate, CDU) tout comme le premier ministre italien, Enrico Letta (Parti démocrate) et le président français, François Hollande (Parti socialiste), exigent que les salaires des jeunes soient davantage réduits afin d’accroître la « compétitivité » de l’économie nationale. De plus, ils se sont engagés à appliquer de nouvelles mesures d’austérité. Dans ce contexte, les 6 milliards d’euros que ces mêmes politiciens ont annoncés pour venir en aide aux jeunes dans les années à venir, sont pure hypocrisie.

La brutalité et le mépris à l'égard des jeunes est la conséquence d’intérêts sociaux irréconciliables. Vu l’ampleur des antagonismes sociaux, la question qui aujourd’hui se pose directement est : Quelle classe doit diriger la société et selon quels principes ?

Les intérêts de la majorité des jeunes ne peuvent se concrétiser au moyen d’appels lancés à divers gouvernements ou d’une demande pour davantage de participation parlementaire. Ils requièrent une lutte commune de tous les travailleurs pour une transformation socialiste de la société conformément aux besoins des gens. Ce qui est requis, c’est la mise en place d’un gouvernement ouvrier qui arrache le pouvoir des mains de l’élite financière, qui exproprie les banques et les grands groupes pour les placer sous contrôle démocratique.

Ce n'est que dans les conditions d’une économie rationnelle et démocratiquement planifiée que la situation des jeunes peut être améliorée à long terme. A cette fin, un programme d’investissement public massif est nécessaire. Dans l'immédiat, 6 millions d’emplois bien rémunérés dans des secteurs vitaux comme la santé, l’environnement et la culture doivent être créés. Dans tous les secteurs, la durée de la semaine de travail doit être réduite à 30 heures avec maintien du salaire intégral. De plus, une offensive est essentielle dans l’enseignement, qui offre aux personnes de tous âges un enseignement gratuit jusqu’au niveau universitaire.

Une telle politique socialiste n’est pas fondée sur les vicissitudes du marché mais sur les besoins de l'ensemble de la société et les droits sociaux inaliénables de chaque être humain. Elle est fondée sur le droit à l’éducation universelle, le droit à un travail décent et bien payé et le droit de participer pleinement à la vie sociale.

Ces principes sont diamétralement opposés aux intérêts de profit de l’élite financière qui est prête à tout faire pour défendre ses privilèges. Lorsque les politiciens et les médias mettent en garde contre des « troubles sociaux » ou comme Schäuble, mettent en garde contre une « révolution », ils ne font que révéler plus clairement ce conflit d’intérêts. Ils s'apprêtent à réprimer toute résistance à leur politique antisociale au moyen de la répression violente à travers l’appareil policier et militaire. En Grèce, trois grèves ont été interdites cette année en recourant à la police et en décrétant la loi martiale. L’étroite coopération des services secrets allemands avec les terroristes d’extrême droite, comme dans l'affaire du NSU (Nationalsozialistischer Untergrund, Groupe clandestin national-socialiste) – pointe dans cette direction.

Les travailleurs et les jeunes doivent se préparer à cette confrontation sociale historique. Ils ont besoin d'un parti révolutionnaire qui ne demande pas l’aumône mais qui s’oppose courageusement à l’élite financière. Ce parti c’est le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) et sa section allemande, le Partei für Soziale Gleichheit (PSG, Parti de l’Egalité socialiste).

Le CIQI unit les travailleurs par delà les clivages nationaux, ethniques, de croyance religieuse ou de genre. Il exprime les intérêts indépendants de la classe ouvrière et défend depuis des décennies les principes du socialisme contre la sociale-démocratie et le stalinisme.

Ce n'est que sur la base de cette perspective, faisant partie intégrante d'une mobilisation d'ensemble de la classe ouvrière, que la vaste majorité des jeunes peuvent défendre leurs propres intérêts sociaux. Nous appelons donc tous les jeunes qui sont actuellement confrontés à des conditions précaires, au chômage et à la pauvreté à rejoindre la lutte pour une société socialiste en aidant à construire le PSG et le Comité international de la Quatrième Internationale.

(Article original paru le 21 juin 2013)