Travailleurs d’Opel: votez non à l’accord!

Par Déclaration du Parti l’Egalité sociale en Allemagne (PSG) du comité rédaction du World Socialist Web Site
16 mars 2013

Le Parti de l’Egalité sociale en Allemagne (Partei für Soziale Gleichheit, PSG) et le comité de rédaction du World Socialist Web Site appellent tous les travailleurs d’Opel et notamment les membres du syndicat IG Metall, à rejeter définitivement l’« accord-cadre ».

L’accord conclu entre la direction de GM-Opel, l’IG Metall et le comité central d’entreprise intitulé « Accord-cadre – Drive 2022 » vise à monter les travailleurs des différentes usines les uns contre les autres et à imposer la fermeture de l’usine de Bochum

L’engagement de maintenir la production dans les usines de Rüsselsheim, Eisenach et Kaiserslautern est vague et imprécis. L’accord proposé prévoit « de produire au moins deux nouveaux modèles » à Rüsselsheim et à Eisenach au-delà de 2015. Un « volet stratégique » est conçu comme partie intégrante d’un « plan de croissance » pour Kaiserslautern.

Seuls deux éléments définis ont été convenus par le contrat : la fermeture de l’usine de Bochum et une réduction massive du revenu des travailleurs.

En ce qui concerne Bochum, l’accord stipule: « Conformément à l’actuel plan du groupe [GM Opel], il est vraisemblable qu’à partir de la fin de 2016, il n’y aura aucun produit de remplacement pour l’actuelle production de voitures. » L’expression : « il est vraisemblable qu’à partir de la fin de 2016 » renferme la menace renouvelée que la production sera stoppée à Bochum dès 2014.

Pour donner l’impression que le site de Bochum restera ouvert après l’arrêt de la production de voitures fin 2016, le contrat parle d’un « processus de conversion ». Cette conversion ne sera ni organisée ni financée par Opel. Au lieu de cela l’accord dit que le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord/Westphalie et les autorités locales élaboreront, au plus tard d’ici le 31 mars 2013, un plan du nom de « Bochum Perspective 2022 ».

Entre-temps, les suppressions d’emplois à Bochum vont commencer immédiatement. La troisième équipe de l'usine devrait être supprimée début avril, soit dans à peine deux semaines, entraînant la perte de 700 emplois. Au cas où un nombre insuffisant de travailleurs seraient prêts à partir « volontairement », ils seront licenciés à la fin de l’année prochaine. 2.000 travailleurs de plus perdront alors leur emploi d’ici 2016. Les augmentations de salaire seront suspendues ou reportées. Les paiements effectués hors contrat disparaîtront.

Le but de l’accord-cadre est de faire appliquer la fermeture de l’usine d’Opel à Bochum. Et donc il faut le refuser !

La direction d’Opel et ses co-gestionnaires, les responsables syndicaux de l’IG Metall, cherchent à créer un précédent avec la fermeture de Bochum. Des travailleurs réputés pour leur combativité vont être mis à genoux. La fermeture projetée amorcera une série de nouvelles attaques contre les travailleurs de l’automobile qui dépasseront celles énoncées actuellement dans l’accord-cadre et par la direction d’Opel.

C’est une question de principe pour GM Opel! Il faut qu'ils rejettent les coûts de la crise financière et économique internationale sur le dos de la classe ouvrière.

IG Metall et son comité d’entreprise affirment que les suppressions d’emplois, les fermetures d’usines et les réductions de salaires sont inévitables étant donné la crise actuelle de l’industrie automobile et le niveau de la compétitivité internationale. Cet argument est faux et doit être rejeté.

Le problème n’est pas une crise structurelle de l’industrie automobile mais bien plutôt le résultat d’une attaque générale perpétrée contre tous les travailleurs. Il y a cinq ans, le gouvernement allemand avait injecté des centaines de milliards d’euros dans les banques pour les sauver des conséquences de leur propre spéculation criminelle. Et maintenant il veut récupérer cet argent aux dépens de la population laborieuse. Une offensive systématique est entreprise, à commencer par la Grèce, pour démolir les acquis sociaux obtenus en Europe par le mouvement ouvrier au cours de ces 65 dernières années.

La pauvreté est en train de croître rapidement alors que la fortune des riches et les cours des actions atteignent des niveaux record. La crise de l’industrie automobile est la conséquence directe du fait que beaucoup de personnes ne peuvent plus se permettre d’acheter une voiture. La crise est utilisée pour faire fléchir les travailleurs d’Opel et commencer une vague de licenciements et de fermetures d’usine. Pour ce faire, la direction d’Opel jouit du plein appui de l’association patronale et du gouvernement.

Les travailleurs d’Opel doivent se défendre et contre-attaquer. Ceci signifie défier la logique du système capitaliste et le chantage de la concurrence sur les marchés en défendant le droit au travail et à un salaire équitable en tant que droits fondamentaux inaliénables.

La question n’est pas d'envisager ce qui est possible ou non dans le cadre du système capitaliste. Lorsque des responsables d'entreprises et leurs co-gestionnaires au sein des syndicats et des comités d’entreprise déclarent que le maintien des emplois et des salaires est impossible dans les conditions actuelles, alors ils admettent que le capitalisme est incompatible avec les besoins et les intérêts fondamentaux de la population.

On ne peut défendre les emplois que sur la base d’une perspective politique qui a comme point de départ les besoins de la population et non les exigences de profit du patronat et des banques, c’est-à-dire, sur la base d’une perspective socialiste. La nature de l’industrie automobile moderne met en évidence qu’une telle lutte requiert une stratégie internationale.

Il est nécessaire de s’opposer aux méthodes mafieuses d’IG Metall. Cet appareil bureaucratique s’imagine être tout-puissant parce que ses dirigeants sont les bienvenus dans les services du gouvernement et les conseils d’administration des grands groupes qui les rémunèrent royalement pour les services rendus. C’est le patron de l’IG Metall lui-même, Berthold Huber, qui a personnellement recruté l’ancien responsable de Volkswagen, Karl-Thomas Neumann, pour prendre les commandes d’Opel. Et c’est le syndicat qui a élaboré l’accord-cadre qui va maintenant être appliqué de force.

Dans le monde entier, les syndicats jouent le même rôle. Aux Etats-Unis, le syndicat des Travailleurs unis de l’automobile (United Auto Workers, UAW) a soutenu la restructuration de l’industrie automobile par Barack Obama, qui a eu pour conséquence des dizaines de milliers de licenciements et la réduction de moitié des salaires des travailleurs nouvellement embauchés. En échange l’UAW a été récompensé en recevant des parts de marché des grands groupes automobiles.

Pour toutes ces raisons: Votez Non!

Prenez contact avec le WSWS pour mettre en place un comité d’action et préparer une lutte commune internationale pour la défense des emplois et des salaires.

(Article original paru le 15 mars 2013)