Un chauffeur de bus de Berlin soutient le comité d’action constitué par les travailleurs des bus scolaires de la ville de New York

Par Correspondance
6 mars 2013

Le 19 février, les chauffeurs de bus scolaires et les accompagnateurs ont décidé de constituer un Comité d’action de la base après la trahison par le syndicat Amalgamated Transit Union et d’autres syndicats de leur grève qui a duré un mois. (Voir :« Les travailleurs se rebellent contre les syndicats droitiers») 

Ce comité a été organisé pour lutter contre les projets des entrepreneurs privés des écoles – qui sont soutenus par le maire milliardaire de la ville, Michael Bloomberg – de supprimer un tiers des 9.000 emplois dans le service de ramassage scolaire et de réduire drastiquement de 20 pour cent ou plus les salaires des travailleurs restants.

Chers collègues,

Nous vous adressons nos salutations les plus chaleureuses et soutenons votre décision de mettre sur pied un Comité d’action de la base indépendant. C’est exactement ce que les travailleurs doivent faire partout dans le monde. Lors de votre lutte, vous avez appris cette dure leçon que votre campagne pour la défense des salaires et des conditions de travail se heurtait à un front hostile uni des employeurs, du maire Bloomberg et du syndicat Amalgamated Transit Union (ATU). La position principielle que vous avez prise pour vous défendre contre la tentative d’ouvrir votre secteur de travail aux conditions du libre marché en éliminant la clause de l’EPP (Employment Protection Provision – Clause de protection de l’emploi) ne l’a pas été seulement dans votre propre intérêt, mais aussi dans l’intérêt de tous les travailleurs à New York qui peuvent être sûrs que leurs enfants sont en sécurité sur le chemin de l’école.

Votre décision est courageuse et juste!

Les chauffeurs de bus et les autres travailleurs des transports urbains de Berlin sont confrontés au même front uni de politiciens et de syndicats et rencontrent les mêmes problèmes organisationnels et politiques. Depuis plus de 15 ans, nous voyons nos salaires réduits, nos collègues soumis à un clivage entre employés nouvellement recrutés et anciens, la fragmentation des travailleurs du transport en un pool spécialement créé de chauffeurs (les Transports urbains berlinois BT), en plus de la dégradation des conditions de travail. La responsabilité en incombe au syndicat Verdi qui a dispersé la colère des travailleurs au moyen de protestations insignifiantes censées convaincre le Sénat de Berlin et l’élite financière qu’ils – les syndicats – sont les mieux placés pour imposer les coupes dans les salaires et les conditions de travail.

Certains collègues ont créé quelques nouvelles petites factions syndicales et des radicaux au verbiage de gauche ont cherché à gagner une certaine influence parmi nous. Mais, aucune amélioration n’a eu lieu! On affirme sans arrêt que nous devons faire des sacrifices parce que les caisses sont vides. Je suis sûr que vous connaissez parfaitement ces arguments. Et, exactement comme vous, nous devons faire face à des médias hostiles. Ils parlent sans arrêt des conflits à propos des contrats de travail et des grèves en disant que nos revendications ne sont pas réalistes, que nous gagnons déjà assez et que nous devrions être prêts à faire des concessions…

Votre grève a été censurée par les médias allemands, certainement parce qu’ils redoutent que nous puissions tirer des leçons de votre exemple. Seul le World Socialist Web Site a écrit abondamment sur cette grève.

Il est clair que nous devons fermement nous épauler dans notre lutte – nous à Berlin et vous à New York City. Ce qui nous unit ce n’est pas seulement le fait que nous appartenons à la même classe, mais que nous avons aussi les mêmes ennemis.

Votre lutte courageuse nous sert d’exemple à tous. Ensemble, avec les travailleurs en Europe et dans le monde, nous devons lutter pour mettre en place, indépendamment des syndicats, des Comités d’action de la base pour régler les questions politiques et les tâches auxquelles nous faisons face.

Nous avons besoin d’une perspective politique qui exprime nos intérêts en tant que travailleurs et qui nous permette de lutter contre le système capitaliste existant et ses partisans.

L’utilisation combinée du dumping salarial, de la destruction des services sociaux et éducationnels et de la criminalisation des grévistes et des manifestants rend la vie de plus en plus insoutenable pour les travailleurs. L’Europe est assise sur une poudrière et tandis que l’élite politique et économique s’enrichit sans entraves on mène au niveau du globe des guerres pour les ressources. Dans ces conditions, l’éventail tout entier des partis politiques et des syndicats cherche à monter les travailleurs les uns contre les autres au nom de la « sécurité de l’emploi. »

L’unique moyen de stopper cette évolution désastreuse est de resserrer les rangs internationalement contre les élites dirigeantes et de mener une lutte politique commune. Ceci requiert la perspective socialiste avancée par le World Socialist Web Site et les Partis de l’Egalité socialiste (Socialist Equality Party) de la Quatrième Internationale !

Il est très encourageant d’apprendre qu’au coeur même du capital financier mondial des travailleurs ne sont plus prêts à se laisser commander par les agents et les laquais des riches.

Pour un gouvernement ouvrier aux Etats-Unis et en Europe!

A. N.

Chauffeur de bus à Berlin

(Article original paru le 4 mars 2013)