Une fusillade à Toronto fait 3 morts et 13 blessés

Par Jake Silver
25 juillet 2018

Une horrible fusillade a fait 3 morts et 13 blessés sur l'avenue Danforth à Toronto, dimanche soir dernier. Les victimes sont âgées de 10 à 59 ans.

La vidéo montre un tireur vidant les cartouches de son arme de poing semi-automatique dans des restaurants remplis de clients. Parmi les victimes de la fusillade, on compte une fillette de 10 ans, une étudiante-infirmière de 18 ans et l'auteur présumé, qui a succombé à des blessures par balle peu après s'être livré à une fusillade avec la police. La question de savoir si le suspect s'est suicidé ou s'il a été mortellement blessé par balle par la police fait toujours l'objet d'une enquête.

La police de Toronto a identifié le tireur comme étant Faisal Hussain, 29 ans. Sa famille a publié une déclaration dans laquelle elle exprime son horreur et sa dévastation face à ces événements et offre ses condoléances à ceux qui ont été frappés par cette tragédie. Ils ont également souligné que leur fils souffrait de graves problèmes de santé mentale, y compris la psychose et la dépression.

Malgré la déclaration de la famille, les médias ont cherché à susciter des craintes envers la violence des gangs et le terrorisme, le chef de police de Toronto déclarant qu’«il est beaucoup trop tôt pour exclure quoi que ce soit».

La réponse trompeuse du maire conservateur John Tory a présenté la fusillade, qu'il a qualifiée d'«acte de violence lâche», uniquement en termes de contrôle des armes à feu, en disant qu'«il y a beaucoup trop de gens qui se promènent avec des armes à feu et qui ne devraient pas en avoir».

Le nouveau premier ministre conservateur nouvellement élu de l'Ontario, Rob Ford, a publié une déclaration demandant aux résidents de l'Ontario d’ «agir et d’informer les autorités compétentes» s'ils soupçonnent de la violence armée.

Quelle que soit la cause immédiate et la motivation derrière la tragédie sociale, elle sera utilisée par un establishment politique qui s'oriente sans cesse vers la droite et qui va accélérer les mesures répressives d’ordre public aux niveaux fédéral, provincial et municipal.

Tory a réagi à une récente vague de violence armée en ordonnant l'embauche de 200 nouveaux agents de police et en demandant des peines plus sévères et des fonds supplémentaires provenant d'un fonds du gouvernement fédéral de 328 millions de dollars alloué à la lutte contre la «violence de gangs».

Pour sa part, le gouvernement provincial conservateur de Ford a cherché à développer une base réactionnaire pour ses plans d'intensification de la guerre de classe, qui réduit les dépenses sociales et les normes du travail. Ford utilise les réfugiés comme des boucs émissaires, défend une rhétorique de l'ordre public et courtise la police.

Dans une mesure annoncée d'abord par Ford dans une lettre aux associations de policiers, le gouvernement provincial a suspendu une loi, adoptée sous le gouvernement libéral précédent, qui renforcerait les pouvoirs de l'organisme de surveillance de la police qui enquête sur l'inconduite policière. Une deuxième conséquence de la suspension de la loi sera probablement un retour au profilage racial systématique de la police, ou «fichage».

Dans leur réponse à la récente vague de fusillades à Toronto, le premier ministre Ford et le maire Tory se sont concentrés exclusivement sur les appels à accroître les pouvoirs coercitifs de l'État, tout en rejetant toutes les suggestions selon lesquelles la violence armée a des racines sociales, en particulier dans la croissance de la pauvreté et les sombres perspectives d'emploi et d'éducation pour les jeunes issus des minorités et les jeunes immigrants.

La ville de Toronto a connu une augmentation constante de la violence armée au cours des cinq dernières années avec 308 victimes de violence par arme à feu, dont 29 morts depuis le début de l'année, comparativement à seulement 11 morts et 35 blessés en 2014.

(Article paru en anglais le 24 juillet 2018)